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Est-ce que fumer du CBD est illégal ?

Peut-on fumer librement du produit à base de cannabis ou CBD ?

La législation du cannabidiol occupe tous les débats en ce moment, en Europe et notamment en France. De nombreux chercheurs ont appuyé la loi sur la culture, l’exploitation et la consommation du CBD en raison des différentes vertus thérapeutiques de cette molécule. Après plusieurs années de bataille et de flou juridique, le CBD est désormais officiellement autorisé à la vente en France. Néanmoins, il reste encore beaucoup de points qui nécessitent des éclaircissements à ce sujet. Si vous voulez en savoir plus sur les lois encadrant la consommation de produits à base de CBD, cet article s’adresse particulièrement à vous.  

Est-ce légal de fumer du CBD en France ?

La légalité du cannabidiol est un sujet complexe pouvant prêter à confusion, même si les autorités tentent d’apporter des clarifications petit à petit. Concrètement, le CBD ne fait pas partie des substances considérées comme stupéfiant en Europe. Contrairement au THC, qui est la molécule responsable des effets psychoactifs du cannabis, le CBD n’est pas dangereux pour la santé. D’ailleurs, un arrêté de la Cour de justice de l’Union européenne paru en novembre 2020 autorise la commercialisation et la consommation de produits à base de CBD en France. Cependant, cette autorisation s’accompagne de quelques conditions. En fait, les produits doivent :

  • Être conçus avec des plants de chanvre dont la teneur en THC ne dépasse pas 0,2 % ;
  • Provenir d’une variété de chanvre cultivé de manière industrielle ;
  • Ne pas revendiquer de propriétés thérapeutiques.

Pour ce qui est de fumer du cannabidiol, c’est-à-dire le consommer sous forme de fleurs ou de résine, les choses ne sont pas encore très claires. Selon la loi, seule la vente des produits à base de CBD fabriqués avec des fibres et des graines de la plante est autorisée. Il s’agit généralement d’e-liquide ou d’huile. 

En revanche, la vente de ceux fabriqués à partir des fleurs ne l’est pas. Du coup, l’achat et la consommation d’herbes, de fleurs ou de résines destinés à être fumés ne sont pas réglementés. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont interdits. C’est là où réside la complexité de cette loi et cela engendre souvent des incompréhensions.

Suite à l’arrêté du 30 décembre 2021 publié par le gouvernement français, la vente de fleurs et de feuilles de CBD reste interdite

Cette interdiction avait été justifiée par des motifs de santé publique parce que fumer du CBD en revient souvent à le mélanger avec du tabac. Mais depuis le 24 janvier 2022, le Conseil d’État a suspendu cet arrêté, autorisant à nouveau la vente de fleurs et de feuilles de CBD.   

Peut-on consommer du CBD avec du tabac ?  

Bien que la plupart des fumeurs n’apprécient pas le mélange cannabis – tabac, il existe tout de même quelques fumeurs qui aiment ce mélange. Néanmoins, sachez que fumer du CBD sous forme de joint n’est pas vraiment une bonne idée, encore moins avec du tabac. Par ailleurs, mélanger le cannabidiol et la nicotine est fortement déconseillé. Effectivement, ces deux substances ne font pas bon ménage ensemble, car elles procurent des effets très opposés. Pour dire les choses autrement, cela revient à mélanger un produit excitant avec un produit relaxant. 

De manière générale, il existe deux raisons pour lesquels il ne faut pas consommer du CBD avec du tabac : 

  • Le tabac est nocif pour la santé, ce n’est plus un secret. Fumer du tabac peut entraîner des cancers du poumon, du côlon, du rectum, de la langue et beaucoup d’autres encore. En plus, s’il est consommé régulièrement et de façon intensive, le tabac peut provoquer des troubles respiratoires ;
  • Le CBD et la nicotine sont deux substances totalement opposées. Elles provoquent des effets contraires. D’un côté, la nicotine est une molécule addictive et psychoactive. Elle a la capacité de stimuler votre système nerveux, d’engendrer une poussée d’adrénaline et d’augmenter votre rythme cardiaque. De l’autre côté, le CBD n’est ni psychoactif ni addictif. Ses vertus relaxantes peuvent vous procurer une sensation d’apaisement physique et mental.

Comment fumer du CBD avec du tabac ?

Vous pouvez verser quelques gouttes d’huile de cannabidiol dans votre tabac. Il est également possible de mélanger le tabac avec du e-liquide au CBD pour cigarette électronique. Il faut toutefois noter que la loi interdit de consommer les fleurs séchées de CBD sous forme de cigarette. 

Le vapotage de CBD est-il légal ?

En France, les e-liquides à base de CBD sont autorisés lorsqu’ils sont extraits des graines ou des fibres. En revanche, il est interdit de fumer des produits obtenus à partir des fleurs et des feuilles de chanvre. Aussi, les produits consommés doivent avoir une teneur en THC inférieure à 0,3 %. Puis, il faut consommer uniquement des produits homologués. Autrement dit, les vendeurs doivent s’assurer que leurs fournisseurs respectent les obligations de déclaration encadrées par la réglementation européenne ou REACH. 

Quels sont les effets du vapotage ?

D’après les scientifiques, le CBD possède un léger effet anxiolytique. Plusieurs études ont démontré qu’il interagit grandement avec les récepteurs du système endocannabinoïdes situés au niveau du cerveau. D’ailleurs, le cannabidiol peut stimuler les récepteurs à la dopamine et à la sérotonine, ce qui fait de lui un produit psychoactif à part entière. De ce fait, sa consommation quotidienne peut entraîner quelques effets psychoactifs, notamment de sédation et de somnolence. Cependant, les produits qui ne contiennent pas de THC ou en contiennent moins de 0,3 % ont une toxicité très faible. Ils représentent donc un risque addictif relativement faible. 

Fumer du CBD est-il dangereux ?

Le CBD tel quel ne représente aucun danger. En revanche, fumer du CBD peut être dangereux à cause de l’inhalation de fumée, les produits à combustion présentant des risques de cancer accrus. Le danger est encore plus élevé si vous fumez du CBD avec un taux de THC élevé. 

Selon les professionnels de santé, le CBD représente plus de danger que le tabac. Les consommateurs étant toujours à la recherche d’un effet rapide pour se relaxer ou pour soulager des maux, ils ont tendance à inspirer plus fort et plus longtemps. De ce fait, la combustion est beaucoup plus intense et la fumée qui arrive aux poumons devient plus toxique. 

Peut-on être positif au test de dépistage ?

Aujourd’hui, en raison de la prolifération des produits stupéfiants, vous pouvez à tout moment être soumis à un test de dépistage de drogue. Cela arrive souvent lors des contrôles routiers. 

Les forces de l’ordre comme les policiers et les gendarmes disposent de tests salivaires et urinaires pour dépister la consommation de stupéfiants pendant leur service. En cas de doute sur les résultats, vous pouvez être soumis à des tests sanguins. Vous pouvez également être confronté à un test de dépistage lors d’une visite chez le médecin ou au travail. 

Sur le plan biologique, il est tout à fait possible de détecter la présence de produits stupéfiants dans l’organisme bien après leur absorption. Le tableau ci-dessous montre le temps de détection durant lequel une substance est détectable après avoir été consommée.

Substance

Salive 

Urine 

Sang 

Seuil de positivité

Cannabis 

18h à 24 h

1 à 3 jours pour une prise isolée et pouvant aller jusqu’à 40 jours

24h à 48h 

50 ng/ml

Cocaïne 

24h à 48h

1 à 5 jours

24h à 36h

300 ng/ml

Héroïne

36h à 48h

2 à 3 jours

6h à 36h

300 ng/ml

 

Notez que dans le cadre d’un contrôle routier, un test de dépistage doit être réalisé par un agent ou un officier de police. Si le résultat est négatif, vous ne risquez rien. Mais s’il est positif, vous êtes obligé de faire un second test dans un établissement hospitalier. Si le résultat est positif, vous serez poursuivi pour conduite sous l’emprise de stupéfiant. 

Test salivaire 

Le plus souvent, ce type de test est effectué lors d’un contrôle routier par la police. Retenez que le THC ne reste pas présent dans la salive très longtemps. Donc, il n’est plus traçable au bout de 4h à 6h après la consommation. Toutefois, cette durée varie en fonction du taux de concentration de THC présent dans le produit que vous avez consommé. D’ailleurs, cela peut aussi dépendre de votre métabolisme. 

Test urinaire

Généralement, ce type de test est réalisé durant une visite à l’hôpital ou au travail. Contrairement à la salive, le THC peut rester dans l’urine pendant une longue période. D’ailleurs, cette durée dépend de la quantité que vous avez consommée. À titre d’exemple, il est encore possible d’être testé positif, même au bout de 60 jours après la consommation d’une quantité importante. C’est notamment le cas avec les produits à base de CBD dont le taux de THC est largement supérieur à la réglementation. 

Test sanguin

Contrairement aux deux précédents tests, un test sanguin doit impérativement être réalisé en laboratoire. Il est obligatoire lorsqu’il est nécessaire de savoir exactement le taux et le type de stupéfiant présent dans le sang d’une personne. Il faut savoir que le THC ne reste pas très longtemps dans le sang. Par ailleurs, il est possible de recourir à ce type de test pour obtenir une contre-expertise après un test positif réalisé au préalable.